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14 septembre 2006 4 14 /09 /septembre /2006 17:45
VOICI L'ARTICLE: "SLAMSAOULE DANS UN UNIVERS SALE"
Ce n’est pas avec plaisir qu’aujourd’hui j’écris cet article. J’ose dénoncer et montrer du doigt ce que je nomme la plus grosse arnaque culturelle de l’année 2006.
Les lignes qui vont suivre ne remettent pas en cause la qualité artistique des personnes citées, mais dénoncent ce que j’appelle une tentative de récupération du mouvement (bien que je pense en mon for intérieur que nous ne sommes plus au stade de la tentative…)
On pourra même dire que c’est mon orgueil, ma jalousie, ma méchanceté, mon ego surdimensionné, … qui me poussent au coup de gueule, mais les moteurs qui me font avancer ne sont que la poésie et la volonté de sauvegarder la communauté (je crache et je parle en votre nom).
Nous voyons depuis quelques mois sur nos télévisions plusieurs spots qui ont pour mission de promouvoir des albums slam, des interviews sur le slam, des clips slam, et bientôt je le pense des boîtes de céréales slam. Vous me direz que j’opère un snobisme contre ce qui devient populaire mais non ! A toutes celles et ceux qui mettraient ma parole en doute je vous invite à venir assister à une des nombreuses scènes que vous trouverez sur ce site, vous pourrez de votre propre chef conclure au résultat suivant « on ne slame pas chez Universale… » Je ne suis ni élitiste ni underground mais simplement au niveau de la rue donc à votre niveau à tous et je ne me reconnais pas dans ce que peuvent dire les media sur le slam.
A savoir que le Slam comme le disent les gens ne veut strictement rien dire : pour que ce mot ait du sens on dit Slam de Poésie. Poetry Slam est un mot américain qui veut dire SHELEM DE POESIE comme on peut dire schelem au bridge, au rugby, au tennis, au tarot,…(et j’en passe), bref pour dire qu’à la base le Slam de poésie est un tournoi de poésie et non pas un genre. En 1984 à Chicago un poète du nom de Marc Smith eut un jour la bonne idée de faire que la poésie devienne un spectacle vivant et pour cela il essaya de plusieurs façons de mettre la poésie en « show » mais une seule recette fonctionna, le tournoi de poésie où le public par le biais de trois ou cinq jurés choisis au hasard dans l’audience participe activement au spectacle. Comme dans tout sport ou tournoi, il y a bien évidemment quelques règles que je vais tenter d’expliquer :
-Les rencontres de Slam poésie sont ouvertes à tous et à toutes sans aucune distinction d’âge, de couleur, de religion, de préférence sexuelle, d’apparence et de capacité physique ou intellectuelle. Qui que tu sois, d’où que tu viennes, si tu as un poème en bouche, « Bienvenue dans la famille !!! »
-Les poètes peuvent traiter de n’importe quel sujet dans n’importe quel style de poésie. Ce qui fait le charme du Slam de poésie sont les différences entre les poètes et non pas la force de leur performance, qui dans certaines scènes pousse les poètes à dire leur poème de la même manière que …. Admettons que le poète rappeur soit la couleur bleue, que le poète classique soit la couleur jaune, que le poète érotique soit la couleur rose, etc. et bien le slam est un arc en ciel qui réunit toutes les couleurs. (Il est important de le stipuler afin que le plus grand nombre comprenne que le Slam de poésie est un terrain de poésie et non pas un genre).
Chaque poète doit prendre soin de se pré-inscrire auprès du présentateur avant le début de la slam session. Ce qui indique que, qui que vous soyez, vous devez vous inscrire au début du tournoi : il n’y a pas de passe-droit. Nous participons à un vrai spectacle et non pas à une réunion entre copains.
-Pas d’instrument de musique ou de musique pré-enregistrée. Là nous touchons à une règle importante. TEXTE + MUSIQUE = Chanson ! Ai-je besoin de plus d’arguments ?
-Pas d’accessoires ni de costume ni de déguisement, la performance repose sur le texte du poète et sa relation avec le public.
-Chaque passage est limité à trois minutes maximum par poème et à un poème à la fois. Pourquoi trois minutes ? Par simple notion d’équité, tout le monde possède le même temps de parole, et au-delà de trois minutes l’écoute devient harassante (alors imaginez un spectacle de 1h30 avec un seul mec sur scène…) de plus j’ai pu voir de mes propres yeux des gens qui crachaient ou mettaient en doute le temps imposé (qui depuis sa création est de trois minutes de Tokyo à New York) arracher le micro d’un poète car il était je cite « trop nul… et ça fait plus de trois minutes » (bizarre…). Mais à savoir quand même, il n’y a pas de bon Slam de poésie sans mauvais poètes.
-Un poème dit, un verre offert. Un demi-poème dit ou cinq poèmes dits, un seul verre offert. Pour nous, dire que c’est ouvert à tous c’est bien, mais de le prouver c’est mieux et si le patron du bar n’est pas d’accord pour offrir les verres cela veut dire qu’il ne nous accueille pas pour la poésie mais pour générer de l’argent sur la qualité de nos spectacles, donc nous ne travaillerons pas avec.
 
Voilà donc un peu de quoi parlent les règles du slam de poésie.
 
Mais au-delà de la mauvaise définition du mot Slam qui court de plus en plus vite dans les rues, il y a un autre problème que je souhaiterais soulever. IL N’Y A PAS DE SLAMEUR, juste des poètes qui participe à un slam de poésie. Grand Corp Malade (que je n’ai jamais vu participer à un tournoi de poésie régi par les règle du Slam de poésie, malgré plus d’une centaine de tournois qui on été organisés en moins d’un an) n’est pas slameur mais poète et il le fait bien, il est seul sur scène avec des musiciens, seul sur son C.D. (presque). Il est accompagné par de la musique et sa maison de disques appelle ce produit « slam » et renchérit même « qu’ils feront plus de disques de slam si cela peut aider les jeunes des cités à écrire au lieu de brûler des voitures ». Mais est-ce que ce monsieur sait ce qu’est un slam de poésie, un jeune de cité et de plus un atelier d’écriture dans des endroits chauds (comme ils disent) je ne pense pas, et je ne pense pas non plus que ce monsieur soit un philanthrope qui recherche la béatitude de tout être, autrement je pense que son patron ne serait pas content, donc monsieur contentez-vous de vendre des disques et ne pensez plus au bonheur des jeunes de banlieue car ça on y croit pas vraiment…
Et quelques semaines plus tard un album Slam pointait son nez avec plusieurs poètes qui se lâchaient sur de la musique (il y a méprise quelque part non ?). Sur la pochette de ce disque j’ai lu « original Slam, poésie urbaine ». Il y a déjà de la part de la major E.M.I une singulière amélioration… Mais ma grand-mère très peu urbaine n’est pas représentée là-dessus et pourtant Dieu sait qu’elle est une très bonne poétesse. Merci à Arthur Ribo qui au passage nous donne un très bel a capella sur le slam mais qui ne présente pas vraiment le mouvement comme il l’est réellement.De plus, il est vrai que la critique de Télérama donne fff à cet album : mais où sont les journalistes de Télérama aux scènes populaires qui regroupent SDF et PDG, seraient-elles trop « populaces » pour un magazine culturel, ou bien se seraient ils fais arnaquer par les maisons de disques ?
L’autre jour à Aurillac pendant le festival international du spectacle de rue auquel nous avons participé j’ai pu entrevoir tout seul avec sa guitare et son clavier un certain Pat le Pirate qui critiquai Pascal Obispo dans les chansons qu’il proposait aux badauds « LE SLAM DE PAT LE PIRATE ». A la question qu’est-ce que le slam ? il m’a répondu qu’il ne savait pas mais que c’était plus « in » que chansonnier (merci Universal !!). deux jours plus tard à Aurillac toujours, pour vendre un montage poétique  de François Villon, un tract annonçait de la poésie médiévale façon Slam mais combien de tour dans sa tombe a du faire ce bon vieux François Villon qui n’est aujourd’hui plus un poète mais un slameur ??? Ils méprisent non seulement les poètes vivant mais aussi les poètes morts… Consternant !
Pareil un jour je vais à un slam de 139 A (ou un truc comme ça…) et bien il y avait 4 poètes sur scène et 50 dans le public qui n’ont pas participé. Peut-on appeler ça slam ? Eh bien non c’était un concert de rap conscient (bon concert en plus !!!) qui surfait sans doute sur le fait que le mot slam est plus « in » que rappeur conscient. De plus cela m’a coûté 10 €, ce qui prouve que leur « slam conscient » n’est pas ouvert à tout le monde.
Alors par respect pour la communauté et pour la poésie je me devais d’écrire ces quelques lignes qui j’en suis sûr feront grincer les dents de certains capitalisateurs, mais allègeront la colère d’autres poètes qui n’osaient encore rien dire.
Je ne suis pas là pour singer la marionnette et faire peur aux bobos de l’est parisien mais pour faire kiffer la mémé du seizième…
Paix
Jaco

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Published by SLAM - dans slam-tribu
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commentaires

matoze 23/09/2006 16:14

Il est vrai que ces poètes ont pris le chemin de la monaie. Ils ont  proposé leurs vers aux pécheur d\\\'intelectuels sans trop de jugeote (du genre de ceux qui écrive pour télérama). Pourtant on ne peut pas remettre leur talent en cause. Seulement les majors mettent en avant une étiquette qui n\\\'as rien à voir avec le bout de plastique qu\\\'ils vendent. Etant actuellement à Clermont-Ferrand je suis content de voir qu\\\'il y a des sessions de slam. J\\\'ai toute fois un pincement au coeur en ce qui concerne les lieu ou on vous oblige à consomer (pour ne pas citer le l.....) pour assister ou même participer à des sessions de slam même si ca peut parraitre normal.
Merci Jaco
bourvil

Selecta Seb 15/09/2006 14:56

Bien dit Bout de l'air !
Effectivement le silence, les pleurs, les tremblements, ou bien les trous de mémoire font partie du Slam... Les 1ers textes, les 1ères scènes font la magie du Slam de Poèsie . le lieu aussi, l'instant bien sûr... rien ne vaut la scène !
Selecta seb

bout de l'air 15/09/2006 13:55

Rien n'est vivant si ce sont des notes; rien n'est vivant s'il est repété auparavant. Le "commerslam" l'emporte dans les bacs; le rap se meurt à cause du slam ? Mais merde.. c'est aussi la poésie que l'on tue à petit feu !
Tout est vivant quand des mots viennent traverser une place publique. Il y a un tout quand ils savent toucher. Sans fonds sonore, sauf l'amertume d'accoucher publiquement de ces maux..
Et c'est une preuve bien vivante, que de pleurer, de trembler, de sourire, de vibrer.. peu importe le côté de la scène où l'on soit.

Msieur Dam 15/09/2006 10:14

Il était temps de remettre les pendules à l'heure , voici chose faite.Le "slam de poésie" vient de la rue et n'as surtout pas vocation à s'étaler en tête de gondole pour générer du fric qui n'ira certainement pas dans les poches des principaux acteurs              ( ouvriers?) du mouvement! "Petit Buste bien Portant" (Qui ça? cherche un peu! )a sans doute fait découvrir le "slam" a nombre de personnes qui ne l'auraient pas connu autrement et qui peut-être maintenant se déplacent sur les scènes pour voir de quoi il retourne vraiment, bravo, MAIS le slam N'EST PAS Petit Buste bien Portant; il est comme l'explique Jaco une couleur parmi tant d'autres... Et pour finir, n'achetez pas ces Produits markettés, nous ne sommes pas un produit mais la conscience de la rue et ça , ça ne s'achète pas. A bon entendeur salutM'sieur Dam.

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