Nouveau phénomène de société ou retour à la source de la langue française
?
Le Slam de Poésie s'est imposé à Reims depuis 2 ans et demi.
Les ateliers d'écriture bimensuels (menés par Slam Tribu) de la bibliothèque Carnegie ont formé une nouvelle école de poètes orateurs. Vous avez la chance de les voir dans les bibliothèques et médiathèques rémoises et même de venir vous aussi tâter du stylo
lors des différents ateliers mis en place.
« Résolument porteur d’une mission citoyenne, le Slam donne la parole à celui qui la veut, le temps d’un poème et
quel que soit son style », tel est le slogan fédérateur du Slam de Poésie.
En venant aux ateliers, vous allez découvrir ce qu’est le Slam de Poésie, un mouvement mobile et en perpétuelle construction comme peut l’être la langue française,
la poésie et l’oralité.
Emblème de l’interculturel, et de l’intergénérationnel.
Le Slam est de nouveau à l’honneur dans les bibliothèques de Reims avec une troisième édition de l’atelier d’écriture de la prestigieuse
bibliotheque Carnegie. Cette année la formule se renouvelle avec un atelier d’écriture par mois par le collectif rémois Slam Tribu (vice
champion de France de Slam)
Alors maintenant venez ouvrir vos oreilles votre bouche et
votre stylo !
L’atelier 2007/2008 est officiellement ouvert….ATELIER D'ECRITURE SLAM
// JEUDI 8 NOVEMBRE // 18H à 20H // BIBLIOTHEQUE CARNEGIE// ENTREE LIBRE

Atelier d'écriture 2006 , avec de gauche à droite : Bout de l'air, M'Sieur Dam', Gypsy, Alin Terieur, Magic Dan
Complément d'information :
www.slamtribu.com
Le mot slam désigne en argot américain "la claque", "l'impact", terme emprunté à l’expression to slam a door qui signifie
littéralement « claquer une porte ». Dans le cadre de la poésie orale et publique, il s’agit d’attraper l’auditeur par le col et de le « claquer » avec les mots, les images, pour le secouer,
l’émouvoir. Poésie vivante issue des performances des poètes de la Beat Generation (Kerouac, Ginsberg, Burroughs, Cassady) puis appropriée par les poètes de la rue, les rappeurs voulant sortir du
cadre du Hip-Hop, il fut initié au début des années 1980 par Mark Smith, à Chicago, sous forme de lectures publiques, pour gagner en popularité et arriver en Europe dans le milieu des années
1990. Il commence réellement à s'installer en France depuis 5 ou 6 ans.
Le slam met en scène la voix nue, sans aucun accompagnement
musical. La fonction première du slam se résume à prendre la parole devant un auditoire. Il se veut expression populaire, où chacun peut devenir slameur pour peu qu'il ait quelque chose à dire et
ose prendre le micro.
Le slam revisite tous les grands problèmes sociaux culturels du
moment :
- il intègre les revendications politiques, sociales, culturelles et parfois identitaires ainsi que le multiculturel comme donnée
de base de la composante sociale et culturelle ;
- il est un témoignage de la vie des banlieues ou des cités vue par les jeunes.
Le slam apparaît surtout comme une langue travaillant au corps
la parole d'aujourd'hui : langue des cités, langue des banlieues, verlan, sabir incluant des mots arabes, portugais, africains… (selon les origines ethniques des habitants d'une cité par
exemple)... C'est cet aspect du phénomène qui interroge le plus la poésie contemporaine.
Le slam donne la possibilité à tous de dire de la poésie à
l’occasion de soirées organisées dans des cafés et des lieux publics. Que ce soit lu, récité ou improvisé, le slam correspond à un moment au cours duquel on peut dire n’importe quelle forme de
poésie ou quelque chose qui a à voir de près ou de loin avec cet art. Ce n’est pas une forme particulière de poésie, c’est un moment à l’occasion duquel on va dire de la poésie rimées ou non,
métrées ou non, issues de n’importe quel courant poétique.
L’enjeu de slam n’est pas l’absolu littéraire. C’est une poésie
de l’instant, qui bien souvent n’a pas vocation à dépasser le cadre de cet instant. La scène slam est un lieu de vie, de pensée, de réactions spontanées ; un lieu de croisement aussi,
d’expérimentations. Le slam rend possible à l’occasion de la déclamation d’un poème, la reconstitution d’un tissu social. Le slam est un lieu d’expression poétique, d’expression, de
tolérance.
Le slam est d'abord une expression orale même si les textes
font l'objet d'un travail d'écriture parfois très élaboré. Les textes de slam publiés restent une exception. En général, chaque slameur interprète ses propres textes.
2 – Pourquoi le slam ?
« Le slam envahit peu à peu les écoles, les collèges, les
lycées, les centres sociaux, les associations,les bibliothèques. Les acteurs sociaux y ont vu un formidable outil.
Il permet :
- de faire écrire et travailler l’écriture sous toutes ses
formes,
- de faire dire et découvrir l’expression orale,
- d’apprendre à écouter les autres.
3 – Les ateliers : une question d’écriture ou d’oralité?
Il est bien question d’écriture car, même dans le cadre de
l’oralité et même de l’improvisation, l’écriture reste première, qu’elle soit une écriture graphiée, posée sur papier, ou non graphiée, c’est-à-dire écrite oralement ou dans sa
tête.
Les ateliers, partant de contraintes ou de jeux
d’écriture et d’oral simples, pour aller vers des formes plus complexes, plus intimes,
- amènent les participants à prendre conscience de leur écriture, de
leur voix propre, de leur souffle intérieur ;
- pèsent les mots, les nettoient, leur donnent une charge
personnelle.
L’atelier d’écriture slam, de par son origine, inscrit d’emblée
l’écriture dans une pratique éclectique et décloisonnée. Le slam ne se caractérise pas par un genre unique mais par l’addition, le collage, le mélange de toutes les richesses de la langue orale
comme la mise en voix, la tonalité, le souffle, le rythme et de tous les styles d’écriture : poésie, chanson, hip hop, forme narrative, improvisation.
4 – La scène de Slam
Qu'une session slam ait lieu dans un café ou dans une salle de
spectacle, son principe reste le même. Un présentateur anime la soirée en invitant tour à tour sur scène des slameurs. Chaque slameur dit (ou lit) un texte au micro d'une durée maximum de trois
minutes. Les spectateurs sont eux-mêmes invités à écrire et à venir dire des textes sur scène. On pourrait dire qu'une scène slam est toujours ouverte, accueillant des slameurs "initiés"
(connaissant leur texte par coeur) et des slameurs d'occasion. Il n'est pas rare que le public apostrophe le slameur sur scène (ou l'inverse). Ce mouvement d'écoute active et d'interaction
scène/salle est une des données de base de ces soirées.
La session slam peut aussi prendre la forme de "contests". Il s'agit là de formes plus élaborées de joutes d'improvisation entre
deux ou plusieurs slameurs sur des thèmes imposés. C'est sans doute la forme la plus spectaculaire des performances slam. Le public sert alors de jury populaire.
C'est ce lien entre poésie populaire et poésie savante, entre
langage imposé par l'école et langue de la rue qui semble important de mettre en évidence plutôt que d'opposer.
On peut rajouter que le slam constitue un bon vecteur pour intéresser les adolescents et les jeunes adultes (le public le plus
difficile à "toucher") à une forme d'art et d'expression dans laquelle ils se retrouvent.
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