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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 16:49

Le slam en totale immersion


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REIMS (Marne). Invité par Slam Tribu, Marc Kelly Smith - l'Américain fondateur mondial du slam - a participé à toutes les manifestations organisées pour une semaine de poésie exceptionnelle.

 

Quelles sont les circonstances qui vous ont conduit à cette forme de poésie orale ?
MARC KELLY SMITH : « Vers l'âge de 30 ans, j'allais écouter des lectures de poésies, très ennuyeuses, classiques ou modernes. Je voyais la poésie comme une forme d'art : je me suis mis à performer, j'ai voulu rajouter des « rituels » au sein de cette performance. Les gens qui venaient me voir étaient excentriques : des personnes qui se démarquaient, voulaient entendre autre chose, venaient là pour être surprises… Tout a commencé au « Get me High Jazz Club », en 1984, le lundi. Mais la première véritable scène de slam a démarré au « Green Mill » : nous avons organisé des compétitions, chaque dimanche soir, de « Poetry slam »… et ça continue toujours. »


« Le corps humain est un instument »

Quel est le rapport entre slam et théâtre ?
« Un performeur est capable d'utiliser toutes sortes de techniques, empruntées à l'art, -danse, mime, chant- mais aussi la dialectique, la rhétorique. La capacité de persuader, la manière de construire un texte. Tout le corps humain est un instrument au service de la performance. Le cœur, l'esprit, la sincérité, font aussi partie de cet instrument. »


Qu'est-ce qui fait, selon vous, qu'un texte de slam est beau ?
« Toutes les formes d'écriture poétique, prose, vers, sonnet, haïku, à partir du moment où elles sont performées, sont du slam. Le but, pour le poète, étant de conjuguer ces formes dans la meilleure écriture et la meilleure interprétation possibles. La vérité ne vient pas d'une seule voix, elle vient de toutes ces voix différentes qui s'expriment. Toutes les langues ont leur musique. »


Votre impression sur ces deux premières journées rémoises ?
« Mardi, la soirée « Improésie », avec « Le Mitch » m'a montré qu'à Reims, on avait cette inventivité pour trouver une formule qui réunit slam et théâtre d'improvisation. Mercredi matin, je suis allé voir des lycéens de Chagall. J'ai été touché qu'ils aient écrit des textes en anglais pour l'occasion. Mercredi après-midi, j'ai rencontré des étudiants de Sciences Po. Ces jeunes gens sont investis d'un certain idéalisme. J'espère que le slam les aidera à partager leurs idées. Beaucoup d'institutionnels réduisent le slam à son côté « fun », « terrain de jeu »… Sans y voir que c'est aussi une manière de changer le monde, en se changeant d'abord « inside », intérieurement… »

 

 

 

Une sacrée performance

 

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Des primaires aux étudiants de Sciences Po, le slam a investi la ville. Au théâtre du Chemin vert, 30 jeunes poètes ont fait vibrer une salle en délire…

La semaine du slam a démarré au Chemin-Vert, par une nouvelle forme inédite de performance : un mélange d'impro avec « Le Mitch » et de slam avec les membres de « Slam Tribu ». « Ce qui est intéressant, comme le dit Marc Kelly Smith, c'est de « repousser les limites, de casser les règles du slam », commente Sébastien Gavignet, l'un des organisateurs de ce festival. Mercredi, le « père du slam » est allé rencontrer des lycéens et des étudiants de Sciences Po. Jeudi, au théâtre du Chemin-Vert, un charivari indescriptible : dans une salle chauffée à blanc, 200 collégiens hurlent et brandissent des pancartes ! Le jeune Mathis Szulezewski (qui se classera 4e) du collège Pierre-de-Coubertin, fait se tordre de rire la salle avec un texte sur les pigeons !


Un outil pédagogique

« L'idée est de faire écrire les élèves et de les faire travailler sur l'oral. C'est un bon moyen de les ramener vers l'enseignement traditionnel, en leur laissant une liberté d'écriture, sans avoir cette épée de Damoclès de l'orthographe », explique Grégory Pausas, professeur de français au collège Trois-Fontaines. Six collèges (Joliot-Curie, François-Legros et Trois-Fontaines pour Reims, Yvette Lundy d'Ay, Pierre-de-Coubertin de Cormontreuil et Georges-Charpak de Bazancourt) sont venus disputer le challenge. C'est le collège de Bazancourt qui a remporté l'épreuve par équipe, la jeune Emma (Pierre-de-Coubertin) étant la gagnante en individuelle. Samedi enfin, un « brunch poétique » réunissait de façon informelle des lecteurs de la médiathèque Jean-Falala, quelques visiteurs et slameurs autour de Marck Smith, qui donnait ses conseils, avec toute la passion fougueuse qui le caractérise : « Quand nous nous penchons sur une feuille de papier, nous pouvons être des personnes différentes ». Le slam, ça transforme la vie !

 

 

 

 

Marc Smith slam sur la ville de Reims

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C'est une semaine tout en poésie avec la venue du fondateur du mouvement slam à Reims. Marc Kelly Smith a fait le voyage depuis Chicago pour animer des ateliers de slam jusqu'au 25 mai. Un programme intense offert par l'association Slam Tribu. Rencontre.
L'Hebdo du Vendredi : Quelle serait votre définition du slam ?
Marc Kelly Smith : Je donnerai trois définitions. La première, c'est le remariage entre la performance scénique et l'art d'écrire de la poésie. La seconde, c'est de pouvoir rendre la poésie divertissante et spectaculaire, plutôt que quelque chose d'académique et de figé. La troisième, c'est une mise en forme poétique sur scène. Et c'est la façon dont le slam a progressé. Au début, il n'y avait pas de compétition, personne ne parlait de spectacle. Les individus apprenaient à jouer à Chicago. Ensuite, nous avons compris que le « show » en lui même était une forme d'art à part entière.

Vous dîtes : «  Si je peux stopper une boule de bowling avec un vers, alors je suis un slameur », qu'entendez-vous par là ?
: Les gens allaient sur scène et commençaient simplement à lire, mais moi j'ai voulu faire en sorte qu'on les « écoute ». Au début, nous étions des artistes de rues. Personne ne faisait attention à nous, il fallait attirer l'attention des gens. C'est probablement de là que m'est venue cette phrase.

Le slam a-t-il des vertus magiques ?
Je pense qu'à l'origine, chacun de nous s'est instauré ses propres principes du slam. Une fois qu'ils ont été acceptés par un groupe d'individus, ce développement collectif a fait la magie du mouvement. Lorsque mille personnes prient ensemble, cela crée une atmosphère très particulière, « quelque chose se passe ». Mais si on transforme l'art en un produit ou un business, cette notion est perdue et je ne veux pas que le slam devienne une entreprise commerciale. On le fait avec son coeur.

Comment vous est venue l'idée du slam ?
J'adorais la poésie mais c'était tellement ennuyeux. J'ai voulu la rendre passionnante et on m'a beaucoup critiqué pour cela. Je n'ai rien inventé, c'était comme ça à l'origine. J'ai simplement rajouté quelques évolutions techniques au fur et à mesure.

Quelle était votre personnalité adolescent ?
Timide, apeuré, tout le monde était meilleur que moi . Pas très bon élève. Toujours envie d'être sur scène mais trop peu confiant pour le faire. Romantique et sensible, mais en secret, car de là où je viens c'était presque dangereux d'être sensible.

Que pensez vous de l'évolution du slam en Europe ?
C'est merveilleux, ça va encore plus loin qu'aux Etats-Unis. Il y a eu un pic dans les années 90, cependant ils sont restés coincés et n'ont pas essayé de nouvelles choses. En réalité, ils sont restés dans la compétition et ses règles. Tout d'abord le style des slameurs, en Europe, est très individuel et se différencie de ville en ville. Ils ont vraiment réussi à mettre en scène le slam. Pour moi c'est l'expression artistique la plus importante dans cette discipline. Aux Etats-Unis, personne n'essaye de faire de nouvelles choses en dehors de Chicago. Il y a de plus en plus d'audience en Europe, bien plus qu'aux Etats-Unis. En Espagne, il y a Barcelone et en Allemagne, Hambourg qui en sont les meilleurs exemples. 6 000 personnes à Hambourg, cela n'arrive plus aux Etats-Unis et le niveau à Barcelone est très très élevé.

Pourquoi avoir choisi d'instaurer des compétitions ?
Cela n'a jamais été une compétition sérieuse. Au début, le gagnant repartait avec des cupcakes ou 10 $. Mais grâce à la compétition, les candidats avaient envie de devenir meilleurs, et donc de s'entrainer davantage. La compétition était plus une technique théâtrale pour focaliser l'attention du public sur la scène. C'est plus un jeu qu'une compétition.

Un conseil à donner pour être un bon slameur ?
Lire, écrire, monter sur scène ! Ne jamais arrêter d'apprendre. Même les meilleurs artistes que j'ai croisé continuent à apprendre quel que soit leur niveau.
Propos recueillis par Nawel Megraoui
Marc Kelly Smith co-animera un atelier slam sur le parvis de la médiathèque, ce samedi 25 mai de 11h à 13h30 pour un brunch poétique (gratuit). Autre séance de 14h à 18h. Rens. : Slamtribu51@gmail.com / www.slamtribu.fr / marckellysmith.com
Liens :
www.slamtribu.fr
marckellysmith.com

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